Le droit de grève doit être protégé
Le syndicat de l’IAM est profondément préoccupé par le projet de loi proposé par le gouvernement du Canada et par les répercussions qu’il pourrait avoir sur les tables de négociation collective partout au pays.
En vertu du projet de loi C-39, pendant une grève, le ministre du Travail pourrait demander au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) d’ordonner la reprise des activités, de prolonger temporairement une convention collective existante ou d’établir un mécanisme exécutoire de règlement des différends si le ministre détermine qu’une grève ou un lock-out a des répercussions négatives importantes sur « l’intérêt national ».
Pour l’IAM, toutefois, la question fondamentale demeure : des travailleuses et travailleurs qui ont respecté toutes les exigences légales pour exercer leur droit de grève pourraient malgré tout se voir retirer ce droit par une intervention gouvernementale.
L’objectif d’une grève est de créer une pression économique à la table de négociation. Si les répercussions économiques potentielles d’une grève légale deviennent un motif pour mettre fin à cette grève, l’efficacité même du droit de grève est remise en question.
Au cours de la dernière année, l’IAM, le Congrès du travail du Canada et d’autres syndicats canadiens ont présenté des mémoires demandant la suppression complète de l’article 107 et du pouvoir du gouvernement de mettre fin aux grèves légales. Avec le projet de loi C-39, le gouvernement fait exactement le contraire et renforce davantage sa capacité d’intervenir.
« Avec le projet de loi C-39, le gouvernement du Canada a renforcé son pouvoir de mettre fin aux grèves, ce qui aura des répercussions importantes sur la libre négociation collective au pays. L’IAM demande aux députés d’examiner attentivement les dispositions relatives au travail du projet de loi C-39 et de veiller à ce que toute modification au Code canadien du travail renforce, plutôt qu’elle n’affaiblisse, la libre négociation collective, » a déclaré David Chartrand, vice-président général de l’IAM au Canada.
Bâtir un Canada fort, c’est aussi garantir des conventions collectives solides et de solides protections pour les travailleuses et travailleurs.
L’IAM continuera de défendre ces principes et de s’opposer à toute mesure qui affaiblit la capacité des travailleuses et travailleurs à se tenir debout, à rester unis et à lutter pour une convention collective juste.
